Nous voilà donc au tout début d’une nouvelle saison…ma dernière saison en Autriche. Et voilà qu’après quelques réjouissances printanières, les chaudes brises, les jolis rayons de soleils oranges, les premières vestes qu’on peut porter sur l’épaule, on se retrouve avec une semaine qui, ça a été annoncé ainsi, ne va pas dépasser les 10 degrés. En plus, en prime, voilà le paysage qui s’offrait à moi alors que je tirai les rideaux rouges de la fenêtre de ma chambre…

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…de quoi avoir envie de ressortir les Cds de Noël (c’est-à-dire ma super compil’ avec « Sant Claus got stuck in my Chimney… ! ») et de cuisiner des biscuits !!! Je vous le dis. Non mais c’est un comble ! Alors que les lapins Lindts hantent depuis trois semaines déjà chaque tête de gondole de tout supermarché qui se respecte, voilà qu’il se met à neiger. Et pour couronner le tout, la tradition viennoise veut que l’on organise des Osternmarkt…c’est-à-dire comme un Christenmarkt (traduire Weihnachtsmarkt) mais version pascale ! (pays très catholique oblige) Et n’oublions pas le dernier petit détail : un magnifique Osterkalender (sorte de calendrier de l’avant pascal) que j’ai reçu alors que je m’achetais un petit pain dans une boulangerie, dans lequel, jour après jour et ceci depuis le 18 Mars, je me réjouis de recevoir ma petite surprise, à savoir, des bons de 30 % sur un article de l’assortiment de Der Mann (la boulangerie)…quel chance !!!

En bref, me voilà tout désemparé, est-ce que je viens d’entamer le printemps ou l’hiver…le 21 décembre ne me semble plus si loin que ça maintenant !

Du coup, je me pose une petite question, Noël, Pâques, sont-ce des fêtes vraiment si différentes… qu’est ce qui les rallie au fond ? La réponse semble facile, et pourtant, j’ai l’impression de ne pas être le seul à qui elle a échappé…juste l’occasion d’y repenser…
En fin de compte, avant d’être des fêtes commerciales, ce sont des fêtes religieuses ! Et ça, je l’avoue, je l’avais oublié ! Mais la question est, qu’est-ce qu’une fête religieuse, est-ce que Pâques c’est ; aller à l’église ? manger des lapins au chocolat ? cacher les œufs dans le jardin ? manger des œufs de Pâques au chocolat (pour l’anecdote, j’ai réussi à m’enfiler 1 kg d’œufs au chocolat en deux semaines…qui veut tenter de battre le record…mais j’ai trouvé une explication logique ; la température à tellement baisser ces derniers temps que mon organisme s’est vu obligé de se protéger comme il le pouvait, en bref, je n’y suis pour rien dans cette affaire ! je vous le dis ! ) aller à l’église chanter des chants de Noël ? manger de pères Noël au chocolat ?

On le voit bien, Pâques, c’est juste une « after » de Noël. Non je plaisante, mais dans les deux cas, c’est une magnifique occasion de se retrouver entre amis, en famille, entre gens qui s’apprécient, juste l’occasion de se dire qu’on pense bien aux uns les autres, qu’enfin de compte, ce qui nous rallie tous et nous unit, religion ou pas, c’est l’ AMOUR !!! Alors bien du plaisir pour ces petites vacances de Pâques !!!

Même si vous décidez de rallumer le sapin de Noël pour l’occasion…

Malheureusement pour vous, chers lecteurs, vous devrez endurer mes humeurs musicales ! C’est en effet une partie du rôle que je confère à ce blog, à savoir, pouvoir exprimer (et sauvegarder) mes impressions les plus fraîches sur ce que je vois et ressens. Hors, il se trouve que, étant donné le fait que je vais au moins une fois par semaine à l’opéra, je vais souvent parler d’opéra. Et cette fois ne va pas manquer.

J’ai déjà quelques fois été confronté à Verdi. C’est beau. Ça emporte les tripes, ça porte, c’est pop quoi ! Non, sérieusement, c’est une musique séduisante. La Traviata est superbe, Rigoletto est magnifique. Mais je n’ai jamais été complètement pris par ces opéras. C’est peut-être ce côté politique mêlé au chants populaires qui me dérange. Il y a toujours cette petite « note » d’engagement politique, qui me fait préférer un Wagner qui dédie ses œuvres entières à l’exaltation de valeurs universelles et infinies qui touchent aux plus profond de nos racines…l’amour, la mort… tout ceci se noue irrésistiblement aux mythes les plus anciens de nos origines… (je crois que je suis simplement plus germanique dans l’âme)
Mais, toutefois, on ne peut le nier, les opéras de Verdi sont des chef-d’œuvres. Et on aura beau critiquer et détester les « ténors-baleine » nécessaires à de tels opéras (et ceci n’a pas manqué à la représentation)(ma question est la suivante ; doit-on être gros pour bien chanter ? Ou est-ce que c’est parce qu’on chante bien qu’on se permet de devenir gros…à mon avis, je pencherais plutôt pour la deuxième solution, il n’y a qu’à voir Villazon, Juan Diego Florez, « des ptits gringalets » à côté de Pavarotti et des ténors du Staatsoper de Vienne)(et d’ailleurs, les sopranes aux voix rondes, généreuses, sont maintenant le plus souvent sveltes et élancées … mes chers amis, le coffre n’a donc rien à voir avec la graisse, Dieu merci !), il en faut du souffle pour chanter Verdi !!!

Mais lorsque que la pénombre a envahi la salle d’opéra, Samedi soir, que le chef d’orchestre est arrivé, et qu’il a brisé la tension du silence avec sa baguette, un Verdi tel que je ne l’avais jamais entendu s’est offert à moi. Deux fois trois coups frappés dans le vide, dans l’espace, et qui semblent directement venir percuter nos oreilles, trois coups frappés par le destin lui même ?…
(Das erinnert mich an Beethovens 5. Symphonie – das Schicksal schlägt an die Tür)

Puis, comment décrire, c’est une course, une course effrénée, ou plutôt, une roue, une roue qui tourne, qui tourne, qui ne peut plus s’arrêter, ou plutôt les deux, ou une course suivant une roue, ou une roue suivant une course…
La musique se transforme de manière merveilleuse en une image qui transpercera tout le panorama musical de l’opéra ; l’image du destin, du destin qui avance, qui ne s’arrête jamais, et auquel on ne peut que se soumettre…on le sent très bien dans la musique…

…kein mögliches Widerstand dagegen… die Musik zieht uns unwiderstehlich an…wie das Schicksal die Leben der Protagonisten an sich zieht…

Puis, tout simple, presque nu, apparaît un thème d’une simplicité déroutante, mais d’une beauté d’autant plus touchante…celle d’une douleur, d’un amour, qui unit le destin tragique des protagonistes à leur vie, à leur liberté. A cette douleur, à cet amour s’entrelace le destin qui l’entraîne dans sa course folle…

…einfach wunderschön…

(…et pourtant…je maintiens…j’ai presque l’impression d’entendre du Wagner !!!…-…c’est sûrement pour ça que ces premières mesures me plaisent autant, cette force irrésistible de la musique, je ne l’avais encore jamais vue chez un autre que Wagner !!!)

Je vous laisse déguster !

Comme apparemment, il est actuellement de mise d’avoir son blog sur internet, et que du coup, ça me permet de vous ouvrir tout grand ma fenêtre de deux mètres de haut et de vous montrer un peu Vienne pour mes trois derniers mois, aussi, j’ai décidé de tenter la chose !

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Eis in Wien…komisch, nicht wahr ? A ce choix se ramènent naturellement des explications ! D’une part, au moment de donner mon nom au blog, la machine internet à mis Bortolotti.wordpress.com Je trouvais ça un peu limite. Du coup, comme à Vienne, le plus célèbre Eismacher de la ville s’appelle Paolo Bortolotti, je me suis dit, au lieu d’appeler mon blog, Raph in Wien, autant l’appeler Eis in Wien. Bien que cela pose le problème suivant, m’identifie-je à une glace ? Côté caractère peut-être, mais quand même, on se trouve ici plutôt du côté des dadaistes que des existentialistes.

Voici donc pourquoi j’ai vraiment choisi d’appeler mon blog Eis in Wien : Je vais entamer ici mon premier printemps viennois. Le printemps,c’est le temps où la glace fond. Alors du coup, quoi de plus belle image et saison pour un petit séjour, que la glace qui fond, et laisse la place au bourgeons…aux petites fleurs…aux douces et chaudes brises de printemps…au beaux couchers de soleils…(je souhaite à quiconque qui visite la ville de la voir par beau temps, car la lumière du soleil sur un mur viennois…ça…c’est indéscriptible, comme si les façades prenaient vie et se métamorphosaient en véritable oeuvre d’art composées de subtils détails que créent les fines ciselures entaillant la pierre chaude…on se sent simplement bien, là, dans ces murs qui au lieu d’enfermer nous ouvrent de nouveaux horizons…et quand on y plonge le regard, on a le sentiment d’ouvrir une orange en y voyant la chair juteuse et douce se séparer, dégageant un délicieux parfum) et surtout…AUX TERRASSES…ça paraît presque iréel de parler de ça, parce que là, il fait 5 degrés dehors. En effet, maintenant, je me trouve plutôt du côté de Eis in Wien que de Eis in Wien…bien que celle là soit pour bientôt…(auf jeden Fall freu’ich mich nun darauf…)

Tout ça pour dire que, à défaut de consommation d’Eis à proprement parlé, on peut toujours la sentir autours de nous, et on peut surtout glisser dessus…

Mais bon, bref, voilà quoi !

Traumhaft…nicht wahr ?
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